L'homme au coeur de la vie de l'entreprise,
                                l'entreprise au coeur de la cité
Vous êtes ici : L'essentiel > L'actualité
Général
Le modèle anti-social français

Crédits photo :
Auteur :
        Un essai d'Alain Mathieu

Alain Mathieu, polytechnicien, docteur en sciences économiques et président de l’association Contribuables associés, publie un essai corrosif sur le modèle social français ; ou plus précisément sur le système anti-social français. Edifiant.
 
Notre système social est aussi complexe que paradoxal. Complexe, il n’est que de constater la part de la fraude aux diverses allocations. Elles sont si nombreuses et si variées, que l’administration, elle-même, est incapable d’en vérifier la juste attribution. Ainsi de la prime pour l’emploi. « Les statistiques fiscales indiquent que 40% de la PPE bénéficie à quatre millions de foyers imposables à l’impôt sur le revenu, qui font donc partie de la moitié la plus riche des Français », nous apprend Alain Mathieu. Et paradoxal, car motivé par la justice sociale, notre système redistribue plus aux « riches » qu’aux « pauvres ». Ceux-ci représenteraient 6,3% de la population française. Et la part des allocations qu’ils reçoivent n’est que de 3,8% de l’ensemble des transferts sociaux, chaque jour plus nombreux.  Ce constat posé, Alain Mathieu s’attarde à décortiquer dans le détail  « notre système anti-social » avec la minutie qui caractérise le polytechnicien. Des dogmes « sociaux » les plus établis, peu échappent à son analyse critique.
 
Selon les savants calculs de notre auteur : « Les prélèvements obligatoires frappent davantage les pauvres, en proportion de leurs revenus, que la plupart des autres », à l’exception notable des 13% des Français les plus favorisés… donc les plus imposés. Ainsi des cotisations sociales qui pour un salaire égal à 1,6 SMIC représentent 94,2% du salaire net, lorsqu’elles ne représentent que 76% du salaire net d’un cadre, qui lui est onze fois supérieur. Voici la « redistribution » habillée pour l’hiver.
Analyse critique identique appliquée à l’impôt sur le revenu. Fait connu, celui-ci n’est payé que par la moitié des foyers de notre pays ; et au sein de ces heureux contributeurs, « 13% des foyers fiscaux versent 74% du total ».  Le contribuable a connu impôt plus égalitaire. Mais gardons-nous des idées reçues, et Alain Mathieu nous y aide, l’impôt sur le revenu n’est pas pour autant un impôt de riches. Car les plus futés d’entre eux bénéficient des multiples niches qui sont à leur disposition pour contourner le système, en particulier celles qui concernent les emplois à domicile ou les biens immobiliers. Appartements et « petit personnel » que ne s’autorisent bien évidemment pas les moins aisés de nos compatriotes. Et l’auteur, qui préfèrerait à l’IR, « une flat tax payée par tous », de citer Edgar Faure : « L’impôt appauvrit l’ignorant mais enrichit le connaisseur ».
 
Le traitement social du chômage n’échappe pas à la critique ironique de l’auteur : « La France est le seul Etat où l’on trouve des chômeurs riches ! » affirme-t-il. Et, en effet, il est aujourd’hui possible de toucher jusqu’à 5458 euros d’allocations chômage par mois. Soit un plafond 2,6 fois supérieur à celui appliqué en Allemagne et cinq fois élevé que le maximum en vigueur en Italie ou en Belgique. Et le tout durant 23 mois. « En Allemagne, les chômeurs gagnent les deux tiers de leur salaire antérieur pendant un an, puis 350 euros par mois ». Dans de pareilles conditions, difficile d’inciter le chômeur français à reprendre un emploi !
 
La suite de cet essai est du même acabit : iconoclaste et très bien renseigné. Tout y passe, la rémunération des élus de la République, la fausse bonne idée du RSA, la poule aux œufs d’or que constitue la formation continue pour les syndicats de salariés et patronaux, le fossé entre régime public et privé, l’onéreuse obésité d’un Etat qui ne cesse d’enfler, les subventions « politiques » au monde de la culture, le placement des enfants en foyer comme solution aussi scandaleuse que coûteuse… Le système français qui se réduit in fine à « appauvrir les riches au lieu d’enrichir les pauvres » coûte cher. Et ne marche pas. Pour Alain Mathieu, là est le cœur du scandale, car l’objet d’un système social n’est pas la fin des inégalités, mais la réduction de la pauvreté. Une thèse qui choquera sans doute certaines bonnes consciences, mais qu’il est difficile de contredire.
 
Le modèle anti-social français, ceux qui paient, ceux qui touchent, Alain Mathieu, Editions du Cri, 2008, 175 pages, 9,5 euros
 


commentaires

nouveau commentaire







Espace Membre
Identifiant

Mot de passe
rh
 mot de passe perdu ?

Archives

 La crise fragilise l'entreprise: Sondage TNS-Sofres
 De la transparence... par Hervé Gourio
 La peur du déclassement, une sociologie des récessions
 Manuel de chinoiseries à l'usage de mes amis cartésiens
 Entreprise et Progrès invitée chez JM Sylvestre sur LCI
 Influence: Entreprise et Progrès pousse ses pions
 Vincent Prolongeau dans Planète Entreprise sur RFI
 Salaire des dirigeants: pour un vrai contre-pouvoir. E&P dans Le Figaro
 France Télécom, un groupe bouleversé
 Ceci n'est pas une crise (juste la fin d'un monde)
 L'entreprise n'existe pas seulement pour elle-même... un entretien avec J. Monod
 La Maison Blanche & Wall street
 Ah, que le capitalisme se vend bien ! Le point de vue de Michel Rocard sur l'issue de la crise
 Que nous le voulions ou non, l'homme est au centre de tout, une Itw de G. Mulliez
 La souffrance au travail d'un point de vue juridique
 Replacer l'homme au coeur de l'entreprise: le credo d'Entreprise&Progrès
 Vincent Prolongeau sur I Télé vendredi soir
 Initier les collégiens à l'entreprise-E&P dans le Parisien-
 Vincent Prolongeau chez Taddeï sur France 3
 Mobilité professionnelle: les salariés français ont la bougeotte!
 LA CONFIANCE ET L'ENTREPRISE - Mardi 23 juin -
 La crise, une opportunité pour reconstruire le lien social dans l'entreprise
 Rapport Cotis : attention aux confusions sur les dividendes
 Le Global Ethics Forum
 Les réformes râtées du Président Sarkozy
 Entreprise&Progrès selon Siné Hebdo...
 IBM, les raisons d'une renaissance. Un entretien avec Daniel Chaffraix, pdt d'IBM France
 Crise: Eviter l'effet "boule de neige" par Hervé Gourio
 Les Franciscains à l'origine de l'économie moderne - Paru dans Enjeux-Les Echos -
  La crise impose de repenser le rôle de l'entreprise
 L'open space m'a tuer
 Pour que les collègiens d'aujourd'hui soient les entrepreneurs de demain. E&P dans La Tribune
 Faut-il attendre les banques? E&P dans La Tribune
 Le monde en 2025 : un défi à la raison
 Travail des Seniors: E&P dans Le Figaro
 Penser la diversité du monde
 Quand les cadres se rebellent
 Chers imposteurs
 Les aides publiques à l'export ne sont pas adaptées
 Le RSA, une occasion (pas encore?) manquée! par Philippe Charrier
 Le modèle anti-social français
 A quand le grand audit de la formation professionnelle? par Hervé Gourio
 L’homme est-il un animal sympathique ? Le contr’Hobbes
 Quelle crédibilité du discours des entreprises auprès des cadres ?
 Selon l'INSEE, le moral des ménages est en chute libre
 Subprimes, la faillite mondiale ?
 Une nouvelle étude démontre les bénéfices français de la mondialisation.
 "Class action": L'exemple américain
 Les grands groupes industriels européens, moteur où frein à la croissance économique ?
 Point de vue de Philippe Charrier -Pdt d'E&P-
 L’entreprise enfin expliquée aux ados et aux autres
 La France Morcelée
 Article d'Alain Sauret -Mbre du Directoire d'E&P et Pdt du Directoire de CAPSTAN Avocats-
 L'Etat social ne fonctionne plus
 Article d'Hervé Gourio -Délégué Gal d'E&P-
 Point de vue de Philippe Charrier -Pdt d'E&P-
 Interview de Philippe Charrier -Pdt d'E&P-
 Les Nouvelles solitudes
 L'Euramérique
 Article de Philippe Charrier - Le Journal du Parlement - octobre 2007
 6 mois, 6 mesures pour que la France repasse devant le Royaume-Uni
 Le médicament et la vie, Jacques Servier
 « C’est trop tard pour la terre »
 Nouveau regard sur la société française
 Interview de Philippe Charrier
 Nos Adhérents à la Une
 Responsabilité sociétale et éthique dans le Groupe Total
 Article : Réforme des heures supplémentaires
 Profession Salaud
 Vous, les candidats...,
 Le capitalisme d'héritiers, de Th. Philippon
 De la cité à la City
 Le grand méchant marché
 Trop de pétrole
 Manager en politique
 Les français et l'argent
 Les Jeunes Entrepreneurs de France
 Des business angels au chevet des gazelles
Copyright 2006 Entreprise et Progrès
Partenaires | Informations légales | Contact | Presse | Emploi