paru dans Les Echos des 28 et 29 aout 2009
Grand serviteur de l'Etat dés débuts de la Ve république au dernier mandat de Jacques Chirac, Jérôme Monod fut aussi le patron d'une grande entreprise, en l'occurence la Lyonnaise des Eaux. Il est également à l'origine d'un des think tank qui compte en France: la Fondation pour l'Innovation Politique.
Son point de vue sur la crise, l'économie contemporaine et l'effacement du politique est sans concession. Morceaux choisis:
La finance : "Les événements redonnent du sens à un vocable qui était autrefois l'apanage du Parti communiste : la financiarisation des entreprises. L'attention portée à la qualité des métiers, au bien commun des clients disparaît au détriment de quelques ratios financiers."
L'entreprise : "L'entreprise n'existe pas seulement pour elle-même, elle s'inscrit dans la société, elle est solidaire d'une certaine conception du monde. Elle donne de l'espoir."
Wall Street : "Aux Etats-Unis, le président B. Obama, homme intelligent et de rupture, a néanmoins truffé son administration de groupies de Goldman Sachs. Qui parle aux Etats-Unis de rétablir le Glass Steagall Act, voté en 1933 pour séparer les banques commerciales des banques d'investissement et aboli en 1999 ? Comment se fait-il que les banques américaines continuent à ne pas demander des preuves de la solvabilité aux clients qui viennent leur emprunter de l'argent, en se disant que l'Etat ne les laissera pas tomber en cas de problème ?"
La sortie de crise : "La crise ne fait que commencer. Le chômage va beaucoup monter, et c'est bien plus grave que la chute des cours de Bourse. Et cette crise détruit la confiance, elle pousse les gens à se replier sur eux, elle provoque le retour d'un appel à l'Etat pour tout et n'importe quoi. Venons-en aux banquiers. Ils se refont une santé avec l'argent public, mais ils n'ont pas repris leur métier qui consiste à prêter de l'argent. Les premières victimes sont les PME. Se développe une aversion au risque, une peur de l'aventure - aventure au bon sens du mot."
Pour lire l'entretien dans son intégralité, sur Les Echos.fr
