Vincent Prolongeau, Pdt d'Entreprise&Progrès, était l'invité d'un débat organisé à l'initiative du groupe Nouveau-Centre du coneil municipal de Paris intitulé "L'homme au coeur de l'entreprise".
Duc Co Minh, pdt du CIFOA (Club d'initiative des des Français d'origine asiatique) est particulièrement intervenu à propos de la diversité au sein du monde du travail.
Le débat animé par Jean-Marie Cavada, député européen PPE et homme de médias, a été l'occasion pour Vincent Prolongeau d'exposer le point de vue d'Entreprise et Progrès sur de nombreux sujets. Compte-rendu:
APOLITIQUE MAIS PAS DESINTERESSES DE
« Nous sommes entrepreneurs, mais convaincus que nous ne pouvons oublier le poids que nous avons sur la société. Nous sommes apolitiques, ce qui ne veut pas dire que nous nous désintéressons de la politique. Vous choisissez une politique, qui aura nécessairement des conséquences sur la vie des salariés dans l’entreprise. »
PARLER VRAI
« La confiance est largement ébranlée. Il y a une nécessité de parler vrai. La transparence est un thème galvaudé, nous préférons parler de franchise, c’est-à-dire, ne pas tout dire mais expliquer ce qu’on fait et expliquer pourquoi on ne dit pas tout. Pour nous, la parole doit être maniée avec précaution.»
PAS DE CONFIANCE SANS PROJET
« S’il n’y a pas de projet cohérent, il ne peut y avoir d’adhésion. Par exemple, sur la rémunération des dirigeants, le malaise est beaucoup plus large : Pouvoir d’achat des classes moyennes, sacrifice sur l’autel de la croissance. »
REMUNERATION DES PATRONS, FAUT-IL LEGIFERER ?
« La solution ne peut venir que des entreprises, la régulation se fera en interne car il ya une concurrence mondiale, toute tentative de régulation externe est vouée à une loi inopérante. »
INDIVIDUALISME ET PROJET COLLECTIF
« L’entreprise est confrontée à des aspirations à la fois individualistes et collectives. La solidarité est nécessaire pour motiver les salariés et cette motivation des salariés se retrouve dans le projet porté par l’entreprise plus que dans le package salarial. »
« Pourtant, comment motiver quand il y a ce courant individualiste si fort propre à nos sociétés contemporaines ? Les entreprises sont allées trop loin dans l’individualisations des rémunérations comme des taches. Car on a assisté, surtout dans les services, à une taylorisation des taches de travail qui se révèle néfaste. Car alors comment se retrouver dans un projet dont on ne peut percevoir les tenants et les aboutissants ? »

Vincent Prolongeau, Jean-Marie Cavada, et Edith Cuignache-Gallois, conseiller de Paris à l'initiative de cette soirée
« Par exemple, aujourd’hui, dans la banque, le conseiller se retrouve-t-il dans sa mission d’aider quelqu’un à monter son projet ? J’en doute. »
REPENSER LE DIALOGUE AU SEIN DE L'ENTREPRISE
« La croissance des PME est un vrai enjeu de sortie de crise. Il y a une trop grande complexité administrative, le succès de l’auto-entrepreneur en est l’illustration. Il faut aussi penser au dialogue social qui est profondément malade. Il y a bien sûr la question de la représentativité syndicale, mais également la qualité du dialogue entre ces trois acteurs de l’entreprises : les salariés, les dirigeants, les actionnaires. Là, il y a un bug ! Ce qui doivent être long-termistes – les actionnaires- sont les plus court-termistes et vis versa… Les aller et retour des actionnaires ne sont pas bons pour l’entreprise. »
« Stock-option n’est pas un gros mot. L’individualisation des rémunérations aboutit à des effets pervers et à des tensions au sein des équipes. Mais au lieu des les supprimer nous voulons les généraliser. Car en plus, la généralisation des SO peut avoir une qualité pédagogique : les SO, ça ne monte pas toujours ! »
« La question de l’intéressement est aussi très importante. Aujourd’hui, le collaborateur n’y comprend plus rien et manque de marge de manœuvre. »
