Vous êtes ici : L'association > Présentation
L'association est actuellement présidée depuis mars 2009 par Vincent Prolongeau, Dg de Pepsico-France. Il a succédé à Philippe Charrier, vice-président directeur général des laboratoires Oenobiol.
Présentation
L'immobilisme d'un patronat conservateur resté sourd aux aspirations des salariés résultant du développement économique et sociologique de l'après-guerre avait abouti aux "évènements de mai 68" et aux accords de Grenelle.
C'est pour éviter qu'une telle explosion se reproduise qu'un groupe d'une dizaine de chefs d'entreprises, profondément choqués par cet affrontement, se réunit et réfléchit aux mesures à prendre pour faire évoluer les comportements patronaux et salariaux dans l'entreprise.
Une trentaine d'entrepreneurs ont rejoint le groupe initial pour créer en 1970 Entreprise et Progrès dont le premier Président fut François Dalle, Président de l'Oréal, et le premier Délégué Général, José Bidegain, ancien Président du Cercle des Jeunes Patrons.
L'association a alors conçu et porté de nombreuses propositions fondées sur le principe que progrès social et progrès économique sont indissolublement liés. Ces propositions concernèrent entre autres la communication interne, l'information montante et descendante, les revenus (intéressement, stock options, actionnariat salarié), les conditions de travail (enrichissement des tâches, horaires souples), etc... Beaucoup de ces propositions furent adoptées ou influencèrent fortement les mesures législatives.
Aujourd'hui, la nécessité de la réconciliation de l'économique et du social est largement partagée dans les entreprises et par les gouvernements successifs mais les réalités ne sont pas toujours à la hauteur des ambitions, laissant à notre association un champ d'action significatif.
Encore aujourd'hui, nous pouvons tous identifier des inégalités sociales qui freinent tout autant le progrès économique. Ou bien des opportunités de changement à la fois bénéfiques sur les deux plans car les attentes de nos concitoyens changent et bien des blocages anciens subsistent... et de nouveaux apparaissent. Ainsi, au cours des dernières années, avons-nous proposé des initiatives pour anticiper sur le choc démographique à venir en France ou sur l'insertion des jeunes en difficulté.
Il faut certes aujourd'hui se montrer plus précis que naguère car des progrès ont été accomplis. Mais nous serons d'autant plus efficaces et productif que nous resterons anticonformistes, créatifs et soucieux d'anticiper.
Quelques autres signes particulier.
Notre point de vue est celui des entreprises, tel que nos membres l'expriment. L'apport d'experts peut être parfois bienvenu mais les responsables opérationnels de nos entreprises membres gardent le dernier mot.
Nous ne cherchons pas à rédiger des rapports exhaustifs mais, souhaitant être des acteurs du changement, nous voulons proposer des solutions applicables et réalistes et supprimer des goulots d'étranglement encore trop fréquents dans notre pays.
Nous ne nous proposons pas de réformer les acteurs publics, rôle qui serait à contre emploi par rapport à notre compétence ou à nos expertises à la tête d'entreprises privées ; nous souhaitons seulement que le gouvernement et l'administration s'adaptent aux attentes nouvelles des entreprises et ne freinent pas leur développement.
Nous rassemblons des entreprises très variées : par la taille, le secteur d'activité, l'orientation plus ou moins internationale et pensons que nos débats gagnent à cette diversité.
Nous ne cherchons pas à proposer des innovations purement "sociales" mais pensons que le travail n'est pas une pénitence mais à la fois le moyen d'améliorer ses conditions de vie et de s'accomplir en participant à une oeuvre collective. les entreprises peuvent agir avec efficacité en même temps dans le domaine social et dans le domaine économique ; le progrès social est une condition du progrès économique.
Notre mot d'ordre "l'audace équitable" vaut pour les deux domaines.
____________________________________________________________________________________
____________________________________________________________________________________
Un peu d'histoire...
«
du patronat français»
Notre pays traverse la crise. Sans grande confiance en ses capacités. Encore moins en celles de ses élites, qu’elles soient politiques ou économiques. Et pourtant l’histoire récente a montré que soutenu par un patronat ambitieux, par des syndicats responsables, notre pays avait les moyens de la réforme. Mai 68, les chocs successifs des années 70, la « révolution » des années 80, à chacune de ces étapes, l'apport d'EP à la modernisation de l'économie et de la société française se révéla décisif. Rapide retour en arrière.
Période étrange que le début des années 80. Les socialistes étaient au pouvoir depuis quelques mois déjà. On annonçait le naufrage économique du pays. Face aux mesures « étatistes » de la nouvelle majorité, le CNPF se faisait raide comme un « stop » planté à un carrefour.
Mais une voix faisait pourtant entendre sa différence. Mieux, elle montrait le chemin. Cette voie alternative d’un patronat autonome et pragmatique, c’était celle prônée par Entreprise et Progrès. Elle était précurseur et pesa fortement sur les évolutions que connut l’entreprise.
Jamais alignée, toujours décalée, occupant le terrain social, politique, managérial, E&P mené par son président de l’époque, Francis Gautier, est à la pointe des avancées sociales de l’époque : Les horaires souples ; la concertation avec l’encadrement ; le salaire annuel garanti ; l’expression directe des salariés…
Prise entre deux feux - le conservatisme du syndicalisme patronal d’alors et les lubies marxisantes d’une partie de la gauche d’antan – E&P représentait « la mouche du coche » au sein d’un jeu social souvent caricatural.
En 1968, les accords de Grenelle posent de nombreux « acquis sociaux »
- Augmentation du Smig de 35% et des salaires de 10%
- Reconnaissance légale de la section syndicale d'entreprise et de l'exercice du droit syndical dans l'entreprise
- Proposition d'aller par étapes aux 40 heures hebdomadaires
- Révision des conventions collectives, réduction et intégration des primes dans le salaire…
Georges Pompidou et son secrétaire d'Etat aux Affaires locales, Jacques Chirac
Les négociations par branches et entreprises vont amplifier, parfois de manière considérable, ces décisions. La reconnaissance du droit syndical dans l'entreprise s'accompagne dans nombre de secteurs de mesures protectrices et/ou d'heures de délégation. En matière de salaires, des augmentations substantielles s'ajoutent aux acquis de Grenelle ; Coté durée du travail, nombreux sont les secteurs d'activité qui obtiennent des réductions et des congés supplémentaires.
A la pointe de la modernisation de l’entreprise
Toutes ces revendications sociales, furent l’expression d’une volonté de moderniser la vie en entreprise. E&P les a souhaitées dés sa création après mai68. Et les a défendues durant les années 70. Les prises de positions de l’association qui animait les débats patronaux l’illustrent :
- Information des collaborateurs : Faire passer les entreprises d’une situation de centralisation à un fonctionnement décentralisé puis participatif ; réunions pluriannuelles avec le personnel et avec les syndicats et avec l’ensemble du personnel quand la taille le permet.
- Soutien à la mensualisation du personnel ouvrier : passage d’un statut de travail horaire à un statut de travail mensuel.
- Soutien à l’indexation des salaires sur les prix, sous réserve de la liberté de fixation des prix (qui ne sera effective que plus tard)
- Encouragement à la négociation des augmentations de salaire au delà de l’inflation en fonction des gains de productivité.
- Gestion des carrières des cadres : Pas d’appréciation annuelle sans définition d’objectifs au préalable. Pas de recrutement sans définition de fonctions. Et des mutations internes fréquentes et planifiées.
- Aménagement du temps de travail : extension rapide en 71 et en 72 des expériences d’horaires variables dans la journée.
- Faciliter le temps partiel pour les salariés qui le souhaitent
Ces propositions retrouvées dans les archives de l’association seront, peu ou prou, mises en œuvre à la fin des années 70 et début des années 80.
Pour un dialogue au cœur de l’entreprise
Le débat animé qui accompagna l’adoption des lois Auroux sur « les droits des travailleurs » de 1982 illustrent le rôle central qu’occupa E&P à cette époque. Qu’affirme le rapport du député de
E&P se trouve sur un tout autre créneau. Elle ne rejette pas ces réformes initiées par le Parti Socialiste. C’est en effet, sur le principe, ce qu’elle défend depuis ses débuts ! Mais si l’association souligne la pertinence des objectifs fixés, elle met en garde contre une application malheureuse. Ainsi, redoute-t-elle que la loi, en imposant un processus formel d’expression des salariés, « ne stérilise un développement, alors, en pleine expansion ».
Libération, Les Echos, L’Aurore, le Quotidien de Paris, c’est l’ensemble de la presse française qui se fait l’écho des positions pragmatiques des trublions du monde patronal.
En dépit de ces réserves mesurées, E&P adresse à plus de 2 500 chefs d’entreprises la recommandation d’appliquer de manière « dynamique et volontaire» les nouvelles réformes « pour autant que l’entreprise y soit préparée ».
Fin 1982, les projets de loi deviennent des lois, il faut donc faire avec. Pour E&P : « L’abstention des dirigeants d’entreprise laisserait le champ libre à des stratégies dont l’intérêt de l’entreprise ne sera pas nécessairement le principal objectif »… Une pierre dans la cour d’un CNPF qui affirmait alors développer « une protestation permanente » » contre ces textes et ne les appliquer que « strictement » dans le but sous-jacent d’en limiter au maximum leur portée.
Quel rôle pour l’Etat ? Quelle place pour l’entreprise ?
L’année suivante, en pleine nationalisations, c’est le thème des relations entre l’Entreprise et l’Etat qu’E&P place sur le devant de la scène. Le colloque qui rassemble plusieurs centaines de chefs d’entreprises, syndicalistes et politiques - dont Laurent Fabius, ministre de l’Industrie, Raymond Barre, ancien Premier ministre, Jacques Chérèque, numéro 2 de
L’occasion pour l’association de rappeler la nécessaire « autonomie de l’entreprise vis-à-vis de l’Etat » et d’appeler de ses vœux une meilleure « synergie » entre ces acteurs. L’occasion également de faire avancer dans l’esprit de tous les acteurs économiques et sociaux son « projet de politique patronale à moyen terme ». Trois axes, trois aspirations, trois leviers :
- L’autonomie des entreprises « garantie de leur efficacité et de leur compétitivité »
- La responsabilité des dirigeants, incités à s’impliquer dans le débat politique
- La liberté de choix des salariés de leur rythme de travail, de leur rémunération, de leur retraite, fondement de « l’efficacité sociale ».
Précurseur sur l’intéressement
Toujours en pointe, également, sur la question générale des rémunérations et plus particulière de l’intéressement. Quelle acuité dans ce papier de Francis Gautier paru dans
Beaucoup de grands patrons pourraient aujourd’hui s’en inspirer. Coté efficacité sociale, « l’intéressement peut permettre d’instaurer un dialogue avec le personnel sur les résultats de l’entreprise et la façon dont ils sont obtenus, constate le président d’E&P de l’époque; par là, il crée un climat général de recherche d’initiatives et de progrès ».
Mais d’appeler à une certaine prudence : « Ce système est par définition aléatoire : pas de résultats, pas de prime […] Il convient donc de le distinguer soigneusement du salaire ».
Et encore ce conseil essentiel: « La qualité de l’information économique mis en place et de sa transmission par l’encadrement, jouera un rôle déterminant devant les risques de démotivation découlant d’une baisse de la prime ou de sa suppression après un exercice déficitaire ».
Coté efficacité économique, ce système, égalitaire ou proportionnel, ne peut permettre de favoriser les « salariés moteurs ». « Une partie de l’augmentation de la masse salariale doit être consacrée à des progressions individuelles liées aux performances. Et il est normal que la part individualisée – c'est-à-dire non garantie – de la progression du salaire soit d’autant plus forte que la responsabilité et le niveau de salaire sont plus élevés ».
Critères clairs, communication interne efficace, séparation évidente entre salaire fixe et variable, sens donné à la rémunération… il y a 25 ans Entreprise et Progrès, poil à gratter du patronat français, anticipait déjà les dérapages à venir.
_________________________________________________________________________________
_________________________________________________________________________________
Nos partenariats:
Nous avons noué depuis plusieurs années des partenariats avec des acteurs avec qui nous partageons l'essentiel de nos convictions.
AInsi de l'IEP de Lille.

Nous accueillons chaque année et ce, depuis trois ans, un élève du Master en Management de l'Innovation Sociale de l'Institut d'Etude Politique de Lille. Ce Master est dirigé par Richard Pin , professeur d'Economie et de Gestion à l'IEP. Directement associé à nos travaux en cours, cet(te)étudiant(e) nous apporte son expérience et son point de vue et tire de son activité au sein de notre think tank une expérience riche en réflexions et en rencontres.
Nos travaux s'inscrivent parfaitement dans la démarche du Master en Management de l'innovation sociale.
Pour en savoir plus sur le Master en management de l'Innovation Sociale
Ainsi de

Le Cercle Ecophilos France, qui se réunit de manière mensuelle au sein des locaux d'Entreprise et Progrès à Paris, est un lieu d’échange et de partage où, dans la plus stricte confidentialité, les participants peuvent s’exprimer en toute liberté et adresser leurs interrogations à leurs pairs.
Nos travaux sur la peur en entreprise poursuivis au cours de l'année 2008 ont abouti à un colloque qui eut lieu au siège du Medef à Paris en présence de nombreuses personnalités et qui rencontra un grand succès.
Un colloque aura lieu cette année, le mardi 23 juin 2009, autour du thème, ô combien d'actualité, de la confiance en entreprise.
Fondation Ecophilos: http://www.ecophilos.org/
En bref nos objectifs :
- Promouvoir par le dialogue la juste place de l'homme dans l'économie de marché.
- Concilier le progrès économique et le progrès social : beaucoup a été fait, beaucoup reste à faire.
- Réconcilier l'Etat et l'entreprise : tout reste à faire.
L'entreprise est la raison d'être d'Entreprise et Progrès. Se situant au-delà des clivages politiques, Entreprise et Progrès croit aux vertus d'une société ouverte, c'est-à-dire pluraliste, solidaire, fluide et se construisant par le dialogue.
Les Présidents d'Entreprise et Progrès :
- François Dalle 1970
- Paul Appell 1971-1981
- Francis Gautier 1982-1991
- Philippe Kessler 1991-1996
- Henri Capdeville 1996-1997
- Paul Dubrule 1997-2006
- Philippe Charrier 2006-2009
- Vincent Prolongeau 2009- ....
Pourquoi Adhérer à Entreprise et Progrès - cliquez ici
