Le rapport de Jacques Attali sur les freins à la croissance est l’accumulation des idées pertinentes des membres de la commission qu’il a présidé. Et il faut convenir que l’ensemble présente bien. Et qu’au vu de la densité du document, les membres ont été sélectionnés avec beaucoup de pertinence. Dans cet inventaire des réformes à engager, des nœuds à faire sauter, beaucoup de bonnes propositions s’offrent au Président Sarkozy. Et c’est vertueux.
Est-il néanmoins complet ? s’interrogent certains. N’est-il pas pléthorique ? répondent d’autres, en échos. Et s’il était les deux à la fois ?
Pléthorique, sans doute. Car avec ses trois cents mesures qu’il souhaite voir appliquées de manière exhaustive, Jacques Attali risque de tuer à la tâche des parlementaires déjà abondamment mis à contribution par un président de
Le rapport Attali est-il alors complet ? Non, répondrons-nous, car, il demeure centré sur l’action gouvernementale, il ignore les freins présents au sein même de la société civile. Le rapport ne manque pas de réflexions corrosives sur les travers de la société française, son penchant pour les inégalités, son goût pour le maintien des privilèges acquis. À peine le document final ébruité dans la presse, que taxis et autres professions réglementées menacent déjà de représailles électorales. La preuve que le rapport pointe le doigt où cela fait mal. Mais il convient d’aller plus loin dans la transition d’une société en partie sclérosée vers un modèle plus performant qui est l’objectif de
Il faut soutenir l’action des acteurs civils. Donner confiance aux petits entrepreneurs qui, en banlieues, dans le monde rural, dans les secteurs les plus divers, ne demandent qu’une chose, la liberté d’essayer, la liberté de prendre des risques, la liberté de construire leur entreprise. Cet objectif ne peut être atteint sans démanteler l’hyper-judiciarisation des rapports du travail qui freine l’initiative et instaure un climat de suspicion entre l’employeur et ses salariés.
Pris en tenaille entre une complexité du droit du travail devant laquelle nombre de patrons de PME sont désarmés et l’intrusion du pouvoir judiciaire qui introduit un facteur d’incertitude dissuasif, les entrepreneurs comme les salariés ont besoin de confiance. Si le gouvernement doit prendre ses responsabilités, ce chantier doit également être investi par les « forces vives de la nation ». Il y a un programme de la société civile qu’il faut mettre en œuvre. L’Etat ne pourra, et ne devra pas tout faire.
