Ayant connu François il y a 50 ans comme concurrent d'abord puis comme ami fidèle, je voudrais souligner les raisons de sa réussite.
François Dalle réalisait la conjonction d'une rare capacité de visionnaire et d'un remarquable pragmatisme dans l'action. Il maniait aussi facilement les idées générales et les concepts concernant les problèmes de société que ceux d'économie. Il était fondamentalement un humaniste en quête permanente d'amélioration sociale par le progrès économique.
En 40 ans, François a fait passer l'Oréal d'une entreprise métropolitaine spécialisée dans les shampoings et les teintures pour cheveux à la première société mondiale de produits de beauté et de soins (produits capillaires, cosmétiques, parfums...).
Ce prodigieux développement est dû au fait que François avait très tôt compris :
- la nécessité de prendre en compte l'évolution incessante des besoins et des goûts des consommateurs,
- l'inévitable européanisation puis mondialisation des entreprises,
- l'évolution des circuits de distribution et les conséquences de celle-ci sur les marques,
- l'importance essentielle de la recherche et de l'innovation des produits et des emballages,
- le rôle clé de la publicité et du marketing au sens le plus large.
Mais ces "visions" n'auraient pas suffi pour assurer le succès de l'Oréal. Il fallait y ajouter une politique humaine et sociale valorisante. François savait choisir les collaborateurs talentueux et les motiver. L'Oréal fut parmi les premières entreprises à mettre en place un réseau de communication interne efficace, un système d'intéressement pour l'ensemble du personnel, une politique de formation permanente.
La réussite de l'Oréal sous la direction de ses successeurs prouve la qualité des choix de François tant au point de vue des hommes que des voies à suivre.
L'explosion sociale en
Nous avons perdu non seulement l'un des fondateurs d'Entreprise et Progrès mais aussi un ami dont la fidélité à l'association n'a jamais faibli.
