Edito Hervé Gourio-Délégué général-
L’emploi ou la « com. » ?
Il y maintenant un large consensus entre gouvernants, responsables économiques et même syndicaux pour déclarer que la priorité pour notre pays est de réduire l’impact de la crise sur l’emploi. Tous ceux qui dans les entreprises ont du réduire rapidement les effectifs savent combien cette démarche est cruelle. Et les émotions qui alors entourent les victimes pourront conduire a des manifestations bien éloignées des défilés rituels, syndicats en tête, des dernières « mobilisations » si ce terme guerrier convient encore. Donc même si le consensus est moins large nous faisons partie de ceux qui croient que la température monte dans ce chaudron là.
La France a une Histoire.
Bien sûr il ne s’agit pas pour autant de maintenir coute que coute les emplois du passé. C’est peine perdue dans un contexte aussi rude. Mais il faut concentrer nos efforts sur les entreprises qui auront traversé avec succès l’épreuve et qui pourront rebondir. C’est sur le rebond qu’il faut miser et le faire savoir pour entretenir l’espoir de jours meilleurs et faire renaitre la confiance.
Or depuis deux semaines le paysage médiatique est envahi par une question bien éloignée : celle des rémunérations des dirigeants. Même si des pas de clerc peuvent être signalés et parfois témoigner d’un manque de solidarité, éminemment critiquable dans la tempête actuelle,entre certains dirigeants et leurs équipes nous voila bien loin de notre sujet. Economiquement ce tapage est ridicule. Socialement, c’est souffler sur la braise.
D’autant que le gouvernement a à sa façon aussi contribué à ces pataquès. La décision de ne pas octroyer de bonus aux banques aidées par l’Etat a conduit les établissements cotés en bourse à compenser « le manque à gagner » par l’octroi de stocks options. Autrement dit, à respecter la lettre mais à contourner l’esprit de l’interdiction élyséenne. C’est alors que les dirigeants d’entreprises non-cotées se sont sentis floués. Le gouvernement a donc aligné les rémunérations des patrons en question au niveau le plus bas… Mais est-ce bien là le rôle du gouvernement et du parlement de s’occuper, toutes affaires cessantes, de la rémunération de quelques dizaines de dirigeants? N’ont-ils pas mieux à faire ??
Ne sommes-nous pas, de plus, en train d’ouvrir la boîte de Pandore ? Car si les stocks options, qui permettront, peut être, aux dirigeants de réaliser des gains importants, a l’issue de la période de redressement et si tout se passe bien, sont immoraux, ne faut-il pas éviter de les accorder à de nombreux bénéficiaires non dirigeants ? Ne faudrait-il pas au contraire se réjouir si dans cinq ans, ils en bénéficient tous car cela voudrait dire que les banques-devenues hémiplégiques avec la réduction attendue de leurs activités « d’investissement »- auront su réinventer leur modèle économique autour d’activités « de détail » en principe moins juteuses mais plus bénéfiques a l’économie « réelle »? Ne faudra-t-il pas aussi taxer particulièrement les plus values que réaliseront les personnes qui achètent aujourd’hui au plus bas les actions de ces entreprises largement aidées par l’Etat ? Ne font-ils pas, eux aussi, un bénéfice « sur le dos » de l’argent public ? Arrêtons ce délire.
Toutes ces polémiques, aussi populaires puissent-elles être, nous éloignent beaucoup du « big picture » du paysage mondial où se joue le redressement réel de l’économie occidentale. Au passage, je ne peux que vous conseiller la visite du blog américain The big picture (www.ritholtz.com),remarquable florilège du débat virulent –encore plus qu’ici- sur les politiques à mener pour arrêter la descente en vrille de l’économie américaine.
Non, décidemment, les véritables enjeux pour l’emploi sont bien ailleurs. Regardons à titre d’exemple du coté du développement du tourisme en France. Voici un secteur où la France possède plus d’un atout pour rebondir et qui devrait faire l’objet de la part de l’Etat d’un intérêt comparable à celui qu’il accorde à l’automobile. Non pas que l’automobile doive être abandonnée, mais bien peu ignorent désormais que les milliards injectés ces derniers mois n’avaient pour seul objectif à l’origine, non pas de sauver une filière entière, mais seulement l’entreprise Renault. Une entreprise qui par des choix stratégiques malheureux, dont les conséquences furent amplifiées par le déclenchement de la crise, s’est retrouvée au bord de la faillite. Pour donner le change, l’Etat a accordé plusieurs milliards à son concurrent PSA qui n’en demandait pas tant. Ne sommes nous pas en train de disperser nos efforts et nos ressources?
Au contraire, le tourisme n’est pas une activité à la remorque, mais bien une locomotive éprouvée de la croissance française. Les activités où nous bénéficions d’une position stratégique ne sont pas si nombreuses, elles se comptent sur les doigts d’une main : l’aérospatiale, le nucléaire, le luxe, l’agro-alimentaire et… le tourisme.
La force touristique de la France peut permettre d’attirer à elle, non seulement des estivants, mais également des cadres, hauts dirigeants ou chercheurs qui, mobiles au niveau mondial cherchent le meilleur environnement pour leurs activités mais aussi pour leur bien être personnel. Non seulement, le tourisme n’est que rarement concurrent des autres activités économiques, mais encore, en attirant méthodiquement ces leaders il devient un facteur multiplicateur de la croissance globale d’un territoire.
Le développement ou le maintien de ces avantages qui n’ont rien d’acquis et sont d’ores et déjà menacés, implique de concevoir et d’exécuter une stratégie « territoriale» semblable à celle d’une entreprise. Il est impératif de comprendre les touristes, les raisons de leur satisfaction ou de leur préférence à l’égard d’une destination concurrente. Il convient également de cibler sa clientèle, d’analyser la concurrence. C’est une logique « commerciale » assez peu familière aux administrations locales qui réfléchissent plus en termes de filière que de territoire.et d’électeurs que de visiteurs Pourtant, s’y atteler des maintenant nous aiderait a préparer le rebond si essentiel.
Tout cela nous éloigne beaucoup de la chaleur du débat passionné sur la paye des grands dirigeants. Est ce à dire que les réflexions éthiques ne sont pas de saison ? Ce n’est à coup sûr pas la philosophie de notre association. Mais nous pensons que c’est autour du courage de dire la vérité, d’une transparence accrue, de la solidarité démontrée et de quelques autres valeurs dont nous reparlerons que nous maintiendrons la cohésion sociale pendant la tempête.
Il y maintenant un large consensus entre gouvernants, responsables économiques et même syndicaux pour déclarer que la priorité pour notre pays est de réduire l’impact de la crise sur l’emploi. Tous ceux qui dans les entreprises ont du réduire rapidement les effectifs savent combien cette démarche est cruelle. Et les émotions qui alors entourent les victimes pourront conduire a des manifestations bien éloignées des défilés rituels, syndicats en tête, des dernières « mobilisations » si ce terme guerrier convient encore. Donc même si le consensus est moins large nous faisons partie de ceux qui croient que la température monte dans ce chaudron là.
La France a une Histoire.
Bien sûr il ne s’agit pas pour autant de maintenir coute que coute les emplois du passé. C’est peine perdue dans un contexte aussi rude. Mais il faut concentrer nos efforts sur les entreprises qui auront traversé avec succès l’épreuve et qui pourront rebondir. C’est sur le rebond qu’il faut miser et le faire savoir pour entretenir l’espoir de jours meilleurs et faire renaitre la confiance.
Or depuis deux semaines le paysage médiatique est envahi par une question bien éloignée : celle des rémunérations des dirigeants. Même si des pas de clerc peuvent être signalés et parfois témoigner d’un manque de solidarité, éminemment critiquable dans la tempête actuelle,entre certains dirigeants et leurs équipes nous voila bien loin de notre sujet. Economiquement ce tapage est ridicule. Socialement, c’est souffler sur la braise.
D’autant que le gouvernement a à sa façon aussi contribué à ces pataquès. La décision de ne pas octroyer de bonus aux banques aidées par l’Etat a conduit les établissements cotés en bourse à compenser « le manque à gagner » par l’octroi de stocks options. Autrement dit, à respecter la lettre mais à contourner l’esprit de l’interdiction élyséenne. C’est alors que les dirigeants d’entreprises non-cotées se sont sentis floués. Le gouvernement a donc aligné les rémunérations des patrons en question au niveau le plus bas… Mais est-ce bien là le rôle du gouvernement et du parlement de s’occuper, toutes affaires cessantes, de la rémunération de quelques dizaines de dirigeants? N’ont-ils pas mieux à faire ??
Ne sommes-nous pas, de plus, en train d’ouvrir la boîte de Pandore ? Car si les stocks options, qui permettront, peut être, aux dirigeants de réaliser des gains importants, a l’issue de la période de redressement et si tout se passe bien, sont immoraux, ne faut-il pas éviter de les accorder à de nombreux bénéficiaires non dirigeants ? Ne faudrait-il pas au contraire se réjouir si dans cinq ans, ils en bénéficient tous car cela voudrait dire que les banques-devenues hémiplégiques avec la réduction attendue de leurs activités « d’investissement »- auront su réinventer leur modèle économique autour d’activités « de détail » en principe moins juteuses mais plus bénéfiques a l’économie « réelle »? Ne faudra-t-il pas aussi taxer particulièrement les plus values que réaliseront les personnes qui achètent aujourd’hui au plus bas les actions de ces entreprises largement aidées par l’Etat ? Ne font-ils pas, eux aussi, un bénéfice « sur le dos » de l’argent public ? Arrêtons ce délire.
Toutes ces polémiques, aussi populaires puissent-elles être, nous éloignent beaucoup du « big picture » du paysage mondial où se joue le redressement réel de l’économie occidentale. Au passage, je ne peux que vous conseiller la visite du blog américain The big picture (www.ritholtz.com),remarquable florilège du débat virulent –encore plus qu’ici- sur les politiques à mener pour arrêter la descente en vrille de l’économie américaine.
Non, décidemment, les véritables enjeux pour l’emploi sont bien ailleurs. Regardons à titre d’exemple du coté du développement du tourisme en France. Voici un secteur où la France possède plus d’un atout pour rebondir et qui devrait faire l’objet de la part de l’Etat d’un intérêt comparable à celui qu’il accorde à l’automobile. Non pas que l’automobile doive être abandonnée, mais bien peu ignorent désormais que les milliards injectés ces derniers mois n’avaient pour seul objectif à l’origine, non pas de sauver une filière entière, mais seulement l’entreprise Renault. Une entreprise qui par des choix stratégiques malheureux, dont les conséquences furent amplifiées par le déclenchement de la crise, s’est retrouvée au bord de la faillite. Pour donner le change, l’Etat a accordé plusieurs milliards à son concurrent PSA qui n’en demandait pas tant. Ne sommes nous pas en train de disperser nos efforts et nos ressources?
Au contraire, le tourisme n’est pas une activité à la remorque, mais bien une locomotive éprouvée de la croissance française. Les activités où nous bénéficions d’une position stratégique ne sont pas si nombreuses, elles se comptent sur les doigts d’une main : l’aérospatiale, le nucléaire, le luxe, l’agro-alimentaire et… le tourisme.
La force touristique de la France peut permettre d’attirer à elle, non seulement des estivants, mais également des cadres, hauts dirigeants ou chercheurs qui, mobiles au niveau mondial cherchent le meilleur environnement pour leurs activités mais aussi pour leur bien être personnel. Non seulement, le tourisme n’est que rarement concurrent des autres activités économiques, mais encore, en attirant méthodiquement ces leaders il devient un facteur multiplicateur de la croissance globale d’un territoire.
Le développement ou le maintien de ces avantages qui n’ont rien d’acquis et sont d’ores et déjà menacés, implique de concevoir et d’exécuter une stratégie « territoriale» semblable à celle d’une entreprise. Il est impératif de comprendre les touristes, les raisons de leur satisfaction ou de leur préférence à l’égard d’une destination concurrente. Il convient également de cibler sa clientèle, d’analyser la concurrence. C’est une logique « commerciale » assez peu familière aux administrations locales qui réfléchissent plus en termes de filière que de territoire.et d’électeurs que de visiteurs Pourtant, s’y atteler des maintenant nous aiderait a préparer le rebond si essentiel.
Tout cela nous éloigne beaucoup de la chaleur du débat passionné sur la paye des grands dirigeants. Est ce à dire que les réflexions éthiques ne sont pas de saison ? Ce n’est à coup sûr pas la philosophie de notre association. Mais nous pensons que c’est autour du courage de dire la vérité, d’une transparence accrue, de la solidarité démontrée et de quelques autres valeurs dont nous reparlerons que nous maintiendrons la cohésion sociale pendant la tempête.
