L'homme au coeur de la vie de l'entreprise,
                                l'entreprise au coeur de la cité
Vous êtes ici : L'essentiel > Tribune
POINTS DE VUE SUR LA CRISE - Décembre 2008 -

        Edito Hervé Gourio - Délégué général -

Points de vue sur la crise

                  

 

 

            À l’issue de notre dernière rencontre de conjoncture, nous est apparue la nécessité de constituer un groupe de travail à chaud afin d’apporter à nos députés et sénateurs des propositions rapides et pragmatiques en vue d’aider les PME particulièrement menacées par la crise, et qui le seront plus encore à l’avenir. Robert Cohen, co-président de Cohen Brothers Financial Services, en a pris la présidence.

 

Comme c’est l’habitude à l’occasion de tels travaux, beaucoup de propositions ont été faites par les membres qui ont participé aux réunions. Nous avons retenu les plus originales, et par là même, les plus négligées.

 

L’Etat débiteur doit montrer l’exemple

 

       La première piste de réflexion concerne les dettes des collectivités publiques auprès des PME. Car si nombre d’entreprises doivent de l’argent à l’Etat, qui ne se prive pas de le leur rappeler sanctions à l’appui, l’Etat et les collectivités locales sont également débiteurs à l’égard des entreprises. Et la trésorerie publique ne vit pas dans le même « espace temps » ni avec les mêmes contraintes que les entreprises. Qu’il s’agisse d’accélérer le remboursement de la TVA trop perçue, de réduire le délai de remboursement de l’IS provenant du solde du carry back ou de fluidifier les relations conflictuelles en supprimant les avoirs intermédiaires produits couramment par les collectivités locales pour des différences de prix minimes, il est important que les collectivités publiques remboursent leurs dettes plus rapidement que ce n’est le cas aujourd’hui. Les retards de l’administration fragilisent en effet les finances des PME.

 

Monsieur René Ricol a été nommé Médiateur national du crédit. Autrement dit chien de garde auprès des banques afin de vérifier que ces dernières ne durcissent leurs conditions de crédit de façon abusive. La pression du gouvernement sur les banquiers est très forte. Ne pourrait-il pas garder également un œil sur les trésoriers payeurs généraux afin d’accélérer le paiement des dettes publiques à l’égard des entrepreneurs ?

 

Relégitimons la  TVA sociale

 

       Les rapports successifs rendus publics depuis dix ans  ont mis en évidence le déficit de compétitivité de nos PME sur le marché mondial. Les résultats de nos entreprises sont inférieurs de moitié à ceux de nos concurrents allemands. C’est un handicap lourd, particulièrement en période de crise où le darwinisme à l’état pur fait la loi sur le marché mondial. Les faibles disparaissent et les forts se renforcent. Manque de chance, pour la plupart, les PME françaises apparaissent fragiles face à la concurrence qu’elle soit américaine, asiatique ou intra-européenne. Personne ne sait combien de temps durera la crise. Une chose nous apparaît certaine, elle sera la plus sévère que l’économie mondiale ait connue depuis 1945. Fragilité de nos PME oblige, en France, les victimes risquent d’être plus nombreuses qu’ailleurs.

 

Il existe pourtant un remède à notre déficit de compétitivité. Personne n’ose plus évoquer son nom depuis les dernières législatives post présidentielles à l’issue desquelles l’UMP chercha un bouc émissaire facile à sa moindre victoire électorale. En dépit de l’opprobre jeté sur elle par les politiques, nous pensons à Entreprise et Progrès que l’heure est venue de promouvoir la TVA sociale. Les économistes reconnaissent que l’économie française souffre d’une fiscalité sur les salaires supérieure à ses voisins avec un excédent de charges de 15 à 20 % des salaires perçus. Le rapport publié par Eric Besson il y a six mois faisait le point avec simplicité sur cette question. Le terme de TVA sociale est voué aux gémonies. Qu’a cela ne tienne, baptisons-la « Cotisation nationale santé-famille », précisons qu’elle est bien distincte de la TVA et rappelons à nos concitoyens que leurs dépenses de santé malheureusement appelées à croître irrémédiablement ne sont et pourront être couvertes intégralement par les charges salariales. En effet trop de nos concitoyens pensent que la seule variable de financement serait alors basée sur la consommation alors que le coût  de l’assurance maladie est aujourd’hui couvert aussi par la CSG et par des taxes spécifiques (tabac, alcool, etc)

 

Le recul  de l’inflation  qui commence, abruptement, pourrait être de bon augure : profitons-en pour transférer une partie des charges patronales, sociales et santé-famille sur des consommateurs et des producteurs qui ne sont pas tous français, loin s’en faut. Les touristes étrangers et les produits importés ne pourraient-ils pas ainsi contribuer à l’effort commun ?

 

En outre faisons de l’affectation de cette réduction des charges un thème  de dialogue social au sein des entreprises. Quelle part doit  aller aux clients, combien aux salariés, combien l’entreprise oit –elle garder ? , 

 

Cette Contribution Sociale sur le Chiffre d’Affaires est une idée ardemment soutenue par nos amis du Centre des Jeunes Entrepreneurs (CJD) et par de nombreux parlementaires. Il y a là une opportunité à ne pas laisser passer. La fenêtre est ouverte, profitons-en.

 

La solution ultime viendra de la finance

 

       Reste le problème financier. La plupart des patrimoines financiers privés sont désormais majoritairement liquides. Et ce, dans le monde entier. Ils n’attendent qu’un signal de stabilité pour s’investir en profitant d’une valorisation exceptionnellement basse des actifs financiers. Et chaque jour qui passe, les bourses envoient un message contraire faisant preuve d’une volatilité quotidienne…

 

Faut-il patienter dans l’espoir que ces variations hystériques s’apaisent enfin ou convient-il d’investir dans des entreprises aux côtés d’un financier stratégique comme l’Etat, les collectivités locales ou un fond souverain ? Nos adhérents sont partagés. Cette hésitation est-elle le signe que la présence d’un investisseur institutionnel aux coté d’un privé n’est plus inenvisageable ? La crise fait bouger les clivages. Et si notre sentiment est qu’un retournement profond des marchés est possible puisque les banques occidentales ont été garanties contre la faillite et disposent donc d’assez de temps devant elles pour effacer leurs actifs toxiques, pour l’heure, c’est l’incertitude qui prédomine. Ce retournement est possible, mais il n’est pas encore « visible ». Appelons de nos vœux un horizon moins chargé.

 



commentaires

nouveau commentaire







Espace Membre
Identifiant

Mot de passe
rh
 mot de passe perdu ?

Dernière tribune

 LA REPRISE EST POSSIBLE... si on oublie le monde financier - Juillet 2010 -

Archives

 HABILITE OU ERREUR FONDAMENTALE? Le problème du choix des priorités- Juin 2010 -
 L'URGENCE N°1 POUR LA FRANCE - Mai 2010 -
 A PROPOS D'UN EFFET PERVERS OUBLIE - Avril 2010 -
 SAUVER LA GRECE -Mars 2010-
 S’ATTAQUER A L'EXCEPTION FRANCAISE - Février 2010 -
 POUR UNE EXPLORATION DE « LA VALEUR POUR L’ACTIONNAIRE » -Janvier 2010-
 POUR UN MANAGEMENT DU DESIR -Décembre 2009-
 Pour un grand emprunt utile - Novembre 2009 -
 Suicides : L’arbre France Telecom ne doit pas cacher la forêt -Octobre 2009 -
 BONUS DES TRADERS : AGIR SUR LE COUVERCLE OU SUR LA MARMITE ? - Septembre 2009 -
 POUR EN FINIR AVEC... - Aout 2009 -
 Un emprunt français pour développer la seule France, ou bien... - Juillet 2009 -
 OPTIMISME Ou METHODE COUET? - Juin 2009 -
 PSE et TROUBLES SOCIAUX - Mai 2009 -
 L'EMPLOI OU LA "COM." - Avril 2009 -
 RAISON GARDER - Mars 2009 -
 REALISTE OPTIMISME - Février 2009 -
 2009, LE DEFI POUR NOS ELITES - Janvier 2009 -
 POINTS DE VUE SUR LA CRISE - Décembre 2008 -
 Edito Hervé Gourio - Novembre 2008 -
 Edito Hervé Gourio -Octobre 2008-
 Edito Hervé Gourio - Septembre 2008 -
 Edito Hervé Gourio - Juillet / Août 2008 -
 Edito Hervé Gourio-Juin 2008-
 Edito Hervé Gourio -Mai 2008-
 Edito Hervé Gourio -Avril 2008-
 Edito Hervé Gourio -Mars 2008-
 Edito Hervé Gourio - janvier 2008 -
 Edito Hervé Gourio - Décembre 2007 -
 Edito de Hervé Gourio - novembre 2007
 Edito de Hervé Gourio - octobre 2007
 Edito de hervé Gourio - Juin 2007
 Edito de Hervé Gourio - Avril 2007
 Edito de Hervé Gourio - fév. 2007
 Edito de Hervé Gourio - déc. 2006
 Edito Philippe Charrier - mars 2006
 Hommage à François Dalle - janv. 2006
 Edito Hervé Gouri -Février 2008-
Copyright 2006 Entreprise et Progrès
Partenaires | Informations légales | Contact | Presse | Emploi